Micro-entreprise vs société : des obligations très différentes
La première chose à comprendre : la comptabilité d'une micro-entreprise n'a rien à voir avec celle d'une société. En micro-entreprise, la comptabilité se résume à un registre des recettes (et des achats si vous êtes en activité de vente). En société (EURL, SASU, SARL), vous devez tenir une vraie comptabilité d'engagement, avec bilan et compte de résultat chaque année.
Selon votre situation, la charge de travail est radicalement différente — et le budget aussi.
1. Micro-entreprise : le minimum absolu
Vos obligations
- Registre des recettes : chaque encaissement, daté, avec son client et son montant. Un simple tableau Excel suffit.
- Registre des achats : uniquement si vous vendez des marchandises.
- Déclaration mensuelle ou trimestrielle : vous déclarez votre chiffre d'affaires sur le site des impôts, et les cotisations sociales (URSSAF) sont calculées automatiquement.
- Factures : numérotées, datées, avec les mentions obligatoires.
Le vrai point de vigilance : la TVA
En micro-entreprise, vous êtes en franchise en base de TVA tant que votre CA reste sous les seuils (85 000 € pour les services en 2026). Concrètement : vous ne facturez pas de TVA, mais vous ne la récupérez pas non plus sur vos achats. Votre chiffre d'affaires déclaré est votre revenu brut — pensez à mettre de côté pour les charges et l'impôt.
2. Société (EURL, SASU, SARL) : une vraie comptabilité
Vos obligations
- Comptabilité d'engagement : les opérations sont enregistrées à la date de la facture, pas à celle de l'encaissement.
- Bilan et compte de résultat : établis chaque année, souvent par un expert-comptable.
- TVA : collectée sur vos factures, déductible sur vos achats, déclarée chaque mois ou trimestre.
- Assemblée générale : approbation annuelle des comptes.
- Dépôt au greffe : les comptes annuels doivent être déposés.
En pratique : la plupart des sociétés font appel à un expert-comptable (100-200 €/mois pour une petite structure). C'est un coût, mais c'est aussi une protection.
3. Les 3 erreurs qui coûtent cher
- Ne pas séparer les comptes perso et pro : en société c'est obligatoire, en micro-entreprise c'est fortement conseillé. Un compte pro évite 90 % des erreurs de comptabilité.
- Oublier de provisionner les charges : en micro-entreprise, les cotisations sont prélevées à la source — mais l'impôt sur le revenu, lui, arrive avec un décalage. Mettez de côté 10-15 % de chaque encaissement.
- Mélanger les dates : une facture de décembre 2026 se déclare en décembre 2026, pas quand le client paie en février. Notez la date d'émission, pas la date d'encaissement.
4. Les logiciels de compta pour indépendants
Vous n'avez pas besoin d'un logiciel complexe : les outils actuels sont pensés pour les indépendants et automatisent l'essentiel.
- Indy (ex-George) : la référence des micro-entrepreneurs en France. Devis, factures, suivi de CA, déclaration URSSAF en 1 clic. Interface simple, prix abordable.
- Freekas : similaire à Indy, avec une version gratuite pour les très petites activités.
- Pennylane : plus complet, pensé pour les TPE et leurs experts-comptables. Idéal si vous êtes en société et voulez tout centraliser.
- Excel / Google Sheets : très bien pour démarrer en micro-entreprise, à condition de rester rigoureux (voir notre kit de gestion de trésorerie).
Comparez toujours les offres : la plupart proposent un essai gratuit de 30 jours, ce qui permet de tester avant de s'engager.
5. Le calendrier à connaître
| Période | Action |
|---|---|
| Chaque mois ou trimestre | Déclaration du CA (micro) ou de la TVA (société) |
| Mai de chaque année | Déclaration de revenus (impôt) |
| Avant le 30 juin | Assemblée d'approbation des comptes (société) |
| En continu | Registre des recettes (micro) et facturation |
6. Faut-il un expert-comptable ?
En micro-entreprise : non, sauf cas particulier. Les logiciels spécialisés gèrent tout.
En société : oui, au moins la première année. La comptabilité d'engagement, le bilan et les obligations légales justifient largement le coût — une erreur de déclaration coûte souvent plus cher que l'honoraire annuel.
En résumé
- Micro-entreprise = registre des recettes + déclarations périodiques. Simple, mais provisionnez pour l'impôt.
- Société = comptabilité complète, TVA, bilan. Prévoyez un expert-comptable.
- Le bon outil (logiciel ou Excel bien construit) vous fait gagner des heures chaque mois.
Dernière mise à jour : août 2026. Guide informatif — pour une décision fiscale précise, consultez un expert-comptable.